Craig Walker

-  Nous avons eu la chance de faire la connaissance de Craig à la soirée de l’ avant-première parisienne du film « Danny the Dog », c’ était le 10 janvier 2005.

-  Il était le DJ de cette soirée. Après avoir papoté un peu avec lui et pris quelques photos, nous lui avons demandé s’ il était partant pour réaliser une petite interview avec nous et il a accepté.

-  Craig est une personne chaleureuse et adorable. Voici son interview :

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MAA  : Quelles sont tes origines musicales ? Quels sont tes groupes « clés » ?

Craig Walker  : My Bloody Valentine, Lou Reed, Stooges, the Smiths, Pete Doherty, Kraftwerk, Jeff Mills, Big Star, jamc , Serge Gainsbourg, Nirvana, Sex Pistols etc….je pourrais continuer toute la journée.

MAA  : Quel est ton passé musical, est ce que tu baignes dans la musique depuis tout petit ?
Craig Walker  : J’ ai écrit ma première chanson à l’ âge de 12 ans. J’ ai signé mon premier album à 18 ans, iété viré pour la première fois à 21 ans et j’ ai rejoint Archive à 29 ans. J’ ai appris la guitare sèche quand j’ avais 10 ans, un an plus tard j’ ai eu ma première guitare électrique. Depuis je n’ ai pas arrêté d’ en jouer.

MAA  : Si tu n’ avais pas été musicien, quelle occupation (profession) aurais tu souhaité avoir ?
Craig Walker  : Astronaute ou menuisier.

MAA  : Est-ce que tu aimes jouer en concert, être sur scène, ou bien préfères tu le studio ?
Craig Walker  : J’ ai le meilleur job au monde. Je fais ce que j’ aime et je suis payé pour ça. J’ aime autant l’ un que l’ autre.

MAA  : Nous t’ avons rencontré en tant que DJ : Est-ce pour toi un hobby ou plus ?
Craig Walker  : J’ adore jouer pour les autres, je fais ça tout le temps chez moi. Mixer n’ est qu’ une extension, je pense. Histoire de bien se marrer.

MAA  : Comment fonctionnes-tu sur l’ écriture, la composition ?
Craig Walker  : Avec ma guitare, celle des autres. Dans ma tête principalement.

MAA  : Comment perçois-tu les éventuelles critiques que l’ on peut faire sur ta musique (presse…) ?
Craig Walker  : Désormais, je m’ en moque. Une partie de moi veut être Sid Vicious mais je dois me contenir.

MAA  : Quels sont tes rapports avec la France/le public français ?
Craig Walker  : J’ aime la vie à la française. La vie est faite pour vivre et l’ apprécier, une philosophie assez simple mais qui est devenue difficile en ces temps. Paris c’ est pas l’ Amérique – merci beaucoup (en français dans le texte).

MAA  : Comment gères-tu ta renommée ?

Craig Walker  : Je ne suis pas célèbre.
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MAA  : Tu connais assez bien Massive Attack, quels sont tes rapports avec eux ? que penses tu de leur carrière ?

Craig Walker  : Massive Attack est ce genre de groupe qui tient une place importante dans mon coeur. Je suis arrivé à Londres à 20 ans et Blue Lines était la bande-son de l’ époque. Je prenais de l’ ecstasy, j’ allais en rave, je revenais à la maison et j’ écoutais Unfinished Sympathy. J’ adorais les Cocteau Twins, Sinead O’ Connor, Everything But the Girl et biens sûr Horace Andy. Teardrop est l’ une des plus belles chansons de tous les temps. Ce sont de grands auteurs.

MAA  : Quels sont tes projets ? Des rumeurs persistantes évoquent une rupture d’ Archive ? Est-ce vrai ?
Craig Walker  : Pour le moment, je suis en studio à travailler sur un projet qui verra le jour plus tard dans l’ année. J’ en suis très content, les gens ont l’ air surpris à son écoute. Je suis passionné par la composition et l’ écriture en ce moment. Je suis sûr qu’ Archive sera en studio pour donner le meilleur d’ eux-mêmes (écriture/enregistrement) et j’ espère qu’ ils font un prochain grand album.

MAA  : Avec qui aimerais tu collaborer ? As-tu des collaborations en cours ou prévues ? Peux-tu nous en dire plus ?
Craig Walker  : J’ ai été très occupé ces derniers mois, j’ ai travaillé avec des gens extrêmement talentueux. J’ ai passé pas mal de temps en Islande à bosser avec Bardi Johanson de Bang Gang. J’ ai aussi travaillé avec un producteur underground basé à Londres, Leeroy. Il est incroyable. Actuellement, je suis en studio avec un vieil ami Nick Muir, Nick a fait partie de Bedrock à ses débuts en 1993. Il a travaillé en studio avec John Digweeds pendant tout ce temps. J’ ai été le premier à collaboré avec Nick dans mon premier groupe Power of Dreams (il était claviériste dans le studio). A part être un génie, Nick a une passion pour les courses de lévriers.

MAA  : Aimerais tu « travailler » avec Massive Attack ?
Craig Walker  : Bien sûr.

MAA  : Quel est ton rêve musical ?
Craig Walker  : Je rêverais d’ aller dans l’ espace et enregistrer un album, tout en restant en orbite autour de la Terre.
Les Beatles n’ ont jamais fait ça !

MAA  : Quels sont tes goûts en matière de cinéma ?

Craig Walker  : Ne pas avaler, L’ échelle de Jacob, Apocalypse Now, Les Sentiers de la Gloire, Dogville, Hard Times, Docteur Folamour, Il était une fois dans l’ Ouest, Leaving Las Vegas, The Grinch (je suis mordu de films pour gosses, mon fils a 8 ans et adore les films), Citizen Kane, Le Troisième Homme, Le Jour d’ Après, Blow Up, Trainspotting, etc…

MAA  : Est ce que tu aimes lire ? quel est le genre de littérature qui te branche ? quel est ton livre de chevet en ce moment ?
Craig Walker  : J’ adore lire. La seule chose de bonne lorsqu’ on ne travaille pas c’ est de pouvoir lire. J’ ai dévoré des bouquins quand j’ étais au chômage. Je lis ce qu’ on me recommande. J’ aime Joyce, Brendan Behan, Ted Huges, George Orwell, Céline, Oscar Wilde, Bukowski, Hemingway, John Fante, Dan Fante….

MAA  : Qu’ est ce qui tourne sur ta platine actuellement ?
Craig Walker  : The Killer, New Order, Massive Attack(Danny the Dog), Senior Coconut does Kraftwerk, Marvin Gaye, Issac Hayes, The Libertines, Silver Apples, My Own Music, Scissor Sisters, Tom Waits.

MAA  : Quels valeurs aimerais tu transmettre à tes enfants ?
Craig Walker  : “Ne change pas, pour les faire sourire”.

Merci à Maiz et ApOk pour l’ aide à la traduction ;o)

Shed

-  Si vous ne connaissez par encore le groupe Shed et bien il va falloir vous y mettre ;o)

-  Shed est un groupe d’ electro-trip-pop auto-produit très prometteur, en témoigne leur 1er album ‘ Electronic Tales » que vous pouvez découvrir à travers des extraits sur leur site.

-  Marc, Cédric et Marion nous livre ici une interview découverte, n’ hésitez pas à parcourir leur site ( http://www.shed.fr.st/ ) pour en savoir encore plus !

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MAA  : J’ ai pu lire sur votre site que votre 1er album avait été auto-produit et distribué à 1000 exemplaires. Le prochain album va t’ il suivre le même parcours ? avez-vous trouvé une maison de disque ?
SHED  : Très certainement. Nous allons l’ auto-produire à 1000 exemplaires. Nous n’ avons pas de maison de disque ou de label, nous avons juste placé des titres sur certaines compilations qui sont sorties ou qui vont l’ être prochainement.

MAA  : Pensez-vous exporter plus sur toute la France, voir à l’ étranger (Belgique) ?
SHED  : Oui, tout à fait, nous aimerions trouver un distributeur officiel pour toute le France (voire l’ étranger), et aussi la Belgique. Après la sortie d ‘ Electronic Tales’ , nous avons rencontré un distributeur Belge (qui est en même temps un label) mais il était un peu tard pour faire quelque chose de conséquent. Nous avons bien évidemment gardé le contact pour notre 2ème album.
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MAA  : Ou en êtes-vous d’ ailleurs de ce second album ? je crois avoir entendu dire qu’ il allait sortir au début de l’ année 2005
SHED  : Musicalement, nous avons beaucoup travaillé. Nous sommes toujours en train d’ écrire et de composer… ça ne s’ arrête jamais… d’ ailleurs quand notre 1er album est sorti nous avions déjà de nouvelles compositions à proposer. Actuellement, nous avons composé 14 titres dont plus de la moitié sont entièrement terminés. Le fait de travailler en home-studio permet d’ avancer plus librement et nous permet d’ enregistrer et de finaliser les nouvelles compositions.
Dans un même temps, nous avons déjà commencé à travailler sur la pochette et le design du CD.
En début d’ année ? Ca serait un peu s’ avancer …nous aimerions beaucoup mais nous sommes à la recherche de partenaires pour financer la dernière étape du CD : le pressage.

MAA  : Le premier album était assez porté sur les sentiments amoureux, alors que deux sur quatre des chansons présentées du futur-deuxième album (Ordinary binary man et What could happen tomorrow) semblent plus orientées sur l’ actualité (problèmes écologiques, dépendance de plus en plus importante aux ordinateurs…). D’ où vous vient l’ inspiration pour les textes ?
SHED  : L’ inspiration vient de partout et nulle part à la fois. Ca peut paraître facile de dire ça mais c’ est vrai. Ca peut venir de quelqu’ un de proche, de chose que l’ on voit à la TV, d’ une lecture, d’ une discussion, d’ une réflexion personnelle….
Le titre Ordinary Binary Man a été inspiré par l’ album Kid A de Radiohead.
Tu as raison, certains nouveaux textes sont plus orientés vers des problèmes contemporains mais sans jamais être précis et en laissant à l’ auditeur la possibilité de l’ interpréter à sa façon. J’ aime laisser cette opportunité…

MAA  : Vous dites que votre prochain album sera plus rythmé, est-ce que ce sera dans le style de Mechanical World sur Electronic Tales ? »
SHED  : Plus rythmé, ce n’ est peut être pas le terme approprié mais il y a eu un effort et une autre approche de la rythmique dans la composition. Je veux dire par là que même si le titre est lent au niveau du BPM, la batterie (et aussi la basse) peut être plus lourde, plus présente. Et ça c’ est une influence directe de Massive attack que je ne peux pas nier.

MAA  : J’ ai vu également que vous alliez participer à une « tribute » à New Order, quand va t’ elle sortir ? est ce que vous pouvez nous en dire plus sur l’ origine de cette compilation et son contenu ?
SHED  : C’ est le label associatif Popswirl de Lyon qui nous a contacté pour nous demander si nous étions partant pour faire un remix de New Order dans l’ objectif d’ un Tribute. Fans de ce groupe, nous avons bien évidemment accepté. Au départ, il s’ agissait d’ une volonté d’ une seule personne fan de New Order qui a lancé le projet en passant par Popswirl. Le but était de regrouper des groupes en leur laissant toute liberté sur le remix. De nombreux groupes ont répondu présent et ont travaillé sur leur remix.
Nous sommes vraiment tombés sur des gens très sympas qui n’ ont pas hésité à nous donner à coup de main du côté de Lyon !!
Malheureusement, je n’ ai pas de date officielle pour la sortie de la compilation mais elle ne devrait plus tarder.
Vous trouverez toutes les infos sur http://www.popswirl.com

MAA  : Comment vous vient l’ inspiration ? De quelle manière travaillez-vous ?
SHED  : Pour l’ inspiration, je pourrais dire la même phrase que plus haut. L’ inspiration vient de la sensibilité que l’ on peut ressentir, des émotions qui nous traversent. Mais rien n’ est défini à l’ avance, je peux démarrer une composition d’ un texte ou de la musique, de la guitare, du clavier ou d’ une rythmique.

Etant seul à la composition, nous travaillons un peu différemment des groupes « classiques ». Quand je débute une compo, je l’ envoie par mail à Marion et Cédric pour avoir leurs avis…et en fonction j’ y retravaille… et on s’ échange les informations de cette façon durant l’ écriture du titre. Ensuite quand le titre est terminé, je propose une mélodie pour le chant à Marion sur laquelle elle va travailler mais aussi proposer d’ autres mélodies, des secondes voix….Il n’ y a rien d’ imposé, nous en discutons tous ensemble. Parfois même, je propose plusieurs versions d’ un titre.

MAA  : Il devient de plus en plus fréquent pour les groupes de collaborer avec d’ autres groupes, est ce que cela vous tenterait ? si oui, avec qui aimeriez-vous travailler ?
SHED  : Bien sur, nous sommes ouverts aux autres groupes. Nous pensons que la collaboration peut apporter des expériences enrichissantes et permet de partager des émotions.
Nous ne préférons pas donner de nom et laisser le hasard des rencontres se faire. Mais je ne peux m’ empêcher de dire, en extrapolant, qu’ une intervention de Horace Andy sur une de nos compositions serait touchante.

MAA  : Vous êtes 3 dans le groupe : Marion, Marc et Cédric, qu’ elle est la moyenne d’ âge de SHED ?
SHED  : Je pense qu’ elle doit être aux alentours de 28 ans.

MAA  : Est-ce que vous venez tous du Nord ? Comment vous êtes vous rencontrés ?
SHED  : Oui, nous sommes tous du Nord de la France, et nous habitons pas très loin les uns des autres.
Apres une expérience dans un autre groupe électro (Death Nature), je me suis mis à la guitare et je me suis ouvert à d’ autres styles musicaux. Je revenais du service militaire et je me suis mis à composer. J’ ai alors rencontré Cédric (dans une boutique d’ informatique) car je cherchais quelqu’ un capable de me faire une pochette intéressante à partir de mes compos. Nous y avons travaillé, et nous avons été sélectionnés et édité à 18000 exemplaires dans le magasine Micro & Musique (Février 2000) qui comprenait un CD avec les 2 premières compositions instrumentales de ce qu’ allait devenir SHED.
Je connaissais Marion avant son arrivée dans le groupe. Pour simplifier, elle fait partie de ma famille. C’ est elle qui m’ a proposé de lui écrire une chanson…., j’ avais déjà composé à la guitare  » Never Ever » et un soir elle est venue chez moi pour faire quelques essais….et à partie de ce moment SHED à été composé de 3 membres.

MAA  : Que signifie Shed ? qui est à l’ origine du nom de votre groupe ?
SHED  : Dans le sens second, To shed signifie se dévêtir, se dévoiler. Et c’ est moi qui suis à l’ initiative du nom de groupe, car je pense que quand tu t’ investis dans la création quelque soit la forme d’ Art par laquelle tu passes, tu te dévoiles de l’ intérieur.

MAA  : Pour chacun d’ entre vous, quelles sont vos influences musicales ?
Marc  : Personnellement, j’ ai été pendant de nombreuses années influencé par les groupes new-wave des années 80 comme Depeche mode, The Cure.. etc, des groupes entre la cold-wave et l’ electronique (ex : Front 242, le 1 er album de NIN…)
Puis j’ ai découvert d’ autres ambiances sonores comme Massive Attack ou Portishead, Morcheeba…. Pour moi, ce fut une véritable découverte.
Je suis aussi très fan de Radiohead et de Air.

Cédric  : à vrai dire j’ ai plus écouté les musiques électroniques des « dancefloor », tout en étant toujours assez hétéroclite, tous les styles de musiques ont des choses intéressantes à transmettre, je suis très ouvert au niveau musical.

Marion  : au début j’ étais très attirée par les chanteurs (ses) dites à voix, mais Marc m’ a fait découvrir autre chose, le côté pop-rock anglais reste mon préféré, Dido, Cramberries, The Servant, Air, Placebo etc….

MAA  : Massive Attack fait partie des groupes que vous écoutez et appréciez, leur musique vous inspire t’ elle ?
Marc  : comme je l’ ai dit précédemment, musicalement les ambiances sonores et surtout les rythmiques de Massive Attack ont été une véritable découverte. A tel point, que j’ ai fait évoluer inconsciemment et consciemment mes compositions au sens rythmique. (Cf. question précédente sur le rythme).
Je trouve qu’ il y a beaucoup de sensualité qui se dégage de leur musique. Mon album préféré est Mezzanine.

Cédric  : Pour l’ inspiration je n’ écoute que Shed ! Cela me permet de me plonger complètement dans notre univers. Massive Attack a un univers vraiment particulier en ce qui concerne le visuel, c’ est indéniable ! J’ essaye de donner ce coté si particulier mais sans jamais copier.

Marion  : Pour moi je me penche plus sur la voix qui est vraiment très planante et imprégnante, leur musique reste envoûtante et prenante, et c’ est vrai que shed aimerait en faire autant.

MAA  : Avez-vous entendu la BO Danny the Dog par MA, qu’ en avez-vous pensé ?
SHED  : Fan de musique de film (nous avons réalisé des bandes sons pour des courts-métrages) , j’ ai aimé le travail de Massive pour la B.O. C’ est un gros travail de studio très poussé, à la limite de l’ expérimentation. Mais j’ attends de pouvoir visionner le film pour pouvoir apprécier le mélange de musique et de l’ image.

MAA  : Qu’ est ce qui tourne sur votre platine actuellement ?
Marc  : The Servant, Air, Archive

Cédric  : Sonic youth, Depeche mode (remixes), Björk (Medulla), Freestylers (Raw as fuck), Mousse T (Right about now), Queen, Joss Stone, Starsailor, The Chemical Brothers, Thievery Corporation…

Marion  : zazie (rodeo), Placebo, within temptation

Ez3kiel

-  Voici l’ interview attendue d’ Ez3kiel pour Massive Attack Area. Ca a été pour nous un réel plaisir de la découvrir et ça l’ est aussi de vous la proposer. Un grand merci au groupe d’ avoir accepter de se prêter au jeu et un clin d’ oeil particulier à Ian, Fred et Thierry ;o)

-  L’ actu d’ Ez3kiel c’ est la sortie le 24 janvier 2005 du dvd live « versus tour » : à ne surtout pas rater. Et toujours le délice de se plonger dans une partie de l’ univers « Ez3kiel » à travers : http://www.ez3kiel.com

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MAA  : Parlez nous un peu de votre rencontre, les débuts d’ Ez3kiel .

Ez3kiel  : Ez3kiel est né en 1993 à Tours (France), le groupe était composé à l’ époque de 5 membres (basse, batterie, 2 guitares et une chanteuse). Nous avons commencé et appris la musique à cette période où nous étions très influencé par le mouvement fusion hardcore (bad brains, fishbone ..). En 1998, la chanteuse et 1 des guitaristes ont quitté le groupe. Nous nous sommes orientés vers une musique plus instrumentale et avons intégré les machines.
A l’ époque ce fut une mini-révolution pour nous, puisque tout ce qui était électronique était encore très mal perçu, voir rejeté par le milieu rock (ce qui n’ est plus le cas actuellement). Notre premier cd 6 titres « EQUALIZE IT » a été auto produit à ce moment (99) avec Fred Norguet dans une veine plus ethnique que les productions suivantes. Disons que c’ est ce cd qui pose réellement les premières bases de notre identité musicale (l’ aspect ethnique ayant disparu ensuite), et qui marque le véritable début du groupe. Par la suite nous avons intégré les images, puis rencontré Jarring Effects en 2000 qui est devenu notre label et a produit toujours avec Fred Norguet « HANDLE WITH CARE » en 2001 et « BARB4RY » en 2003.
L’ évolution du groupe a été, on ne peut plus traditionnelle depuis ses débuts, si ce n’ est que ses 3 membres actuels sont toujours les mêmes, et cela depuis plus de 11 ans maintenant.

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MAA  : Que signifie Ez3kiel et d’ où (ou de qui) vient l’ idée du nom ?
Ez3kiel  : Le nom ezekiel est un clin d’ oeil au film de Quentin Tarantino « Pulp fiction » ou à chaque fois que Samuel Jackson va tirer, trouve très classe de réciter les versets d’ Ezechiel. Nous avons remplacé le ch par un K pour s’ éloigner un peu de l’ aspect religieux. Le 3 à la place du e est venu uniquement du fait qu’ ezekiel.com était déjà réservé sur le net. Maintenant on en est à Ez3kiel , c’ est pas très facile à dire, ni à retenir pour les gens qui découvrent le groupe maintenant, mais les habitués disent « ezekiel ».

MAA  : Quelle est la moyenne d’ âge du groupe ?
Ez3kiel  : Nous sommes, ou entrons dans la trentaine.

MAA  : Quelles sont vos influences musicales pour chacun d’ entre vous ?

Ez3kiel  : Notre musique depuis le départ est basée sur le mélange des genres, nous avons des goûts musicaux et des influences relativement larges. En vrac Nine inch nails, Sofa surfers, Silver Mont Zion, DAAU, Nostromo, Abstract Keal Agram, Phillip Glass…

MAA  : Quelles sont les machines (claviers, synthé, instruments virtuels) et quels sont les logiciels que vous utilisez sur scène et « à la maison » ?
Comment travaillez vous, de quoi partez vous ? d’ idées d’ ambiances ? de samples ? d’ une ligne de basse ? ou je ne sais quoi…
Ez3kiel  : A la maison et en studio nous utilisons beaucoup les ordinateurs (cubase sx et pro tools) pour la création des morceaux, ainsi que nos samplers (yamaha A 3000, A 4000, akai S 900 et Z 8), en synthés nous avons le Korg MS 2000 le novation K station et un virus. Nous travaillons en audio et en midi. Pour ce qui est de la scène nous repassons tout en midi et déclenchons les samples grâce à un vieu sequencer roland (midi file) qui pilote les samplers (yamaha A 3000 et A 4000). Il y a aussi le novation et le korg sur scène, ainsi qu’ une batterie électronique (yamaha DTX 2 et un clavier maître) pour jouer les samples ainsi qu’ une console et quelques effets.

MAA  : L’ actualité d’ Ez3kiel c’ est la sortie le 24 janvier 2005 du dvd live du versus tour, puis j’ ai vu que vous alliez faire des dates en début d’ année, est-ce que vous avez le temps de penser au successeur de Barb4ry ?
Ez3kiel  : Depuis deux ans maintenant nous travaillons, en parallèle sur un projet particulier qui devrait voir le jour fin 2005. Ce projet a déjà influencé il y a un an l’ album ‘ BARB4RY » par la présence des instruments classiques, et il influencera forcement par réaction ou association la préparation du véritable prochain album en 2006. Ce projet pour le moment s’ appelle « 2 temps 3 mouvements ». Ce sera un album de berceuse accompagnant un cd-rom, un peu comme une bande originale accompagnant un film. Parler maintenant de l’ album qui sortira après celui des berceuses serait un peu prématuré.

MAA  : Entre la scène ou le studio, avez vous une préférence (pour chacun d’ entre vous) ?
Ez3kiel  : Nous avons commencé et aimé la musique par la scène, le travail de studio est venu bien longtemps après. Désormais nous dissocions bien les deux, avec une approche et un travail très différent en fonction de l’ un ou l’ autre. Il n’ y a pas réellement de préférence, les deux sont indispensables et offrent chacun à leur manière de grands moments pour nous.

MAA  : Comment réussissez-vous à adapter les morceaux de vos albums avec les vidéos ? L’ image joue t’ elle, influe t’ elle sur vos compos et inversement
Ez3kiel  : Nous sommes trois musiciens, dont un graphiste et le temps de travail que demande l’ élaboration d’ un véritable live comme nous l’ imaginons dépasse de loin celui qui nous est imparti. La meilleure méthode de travail dans ce cas reste basée sur l’ anticipation, la confiance, et la connaissance qu’ on a de ses pairs. Nous nous répartissons les tâches en fonction de nos compétences, et comme la musique est toujours créée en amont, il faut dés le départ qu’ elle puisse se confronter à l’ imaginaire du graphiste.
L’ image et la musique font partie d’ un ensemble dont nous ne connaissons pas réellement les limites mais qui s’ est matérialisé au fil des ans, et qui continuera à s’ enrichir par la suite. Dans nos productions musicales, nous écartons des morceaux qui parfois n’ entrent pas dans cet univers. C’ est aussi le cas de certaines images qui ne peuvent s’ accorder avec les précédentes.
Cela fait plus de 10 ans que nous travaillons tous ensemble, cet univers fait désormais partie de notre inconscient collectif, et à moins de changer de cap nous n’ avons presque pas besoin de nous concerter pour accorder images et son. En ce sens on ne peut pas réellement dire que ce soit l’ image qui influe sur le son ou l’ inverse, mais plus parler d’ un processus global qui orienterait ces deux formes d’ expressions.

MAA  : D’ où vous est venue l’ idée, sur scène, d’ allier musique et image ?
Ez3kiel  : La musique a été une base pour rebondir vers d’ autres médias. Si à l’ origine nous sommes musiciens, l’ envie d’ investir d’ autres formes d’ arts, notamment les arts graphiques s’ est réveillée très tôt. Autodidactes, nous travaillons sur les rapports images et son depuis réellement quatre ans maintenant. Pour nous un album n’ est que le point de départ sur lequel nous allons développer tout un univers avec différentes portes d’ entrée.
Certaines personnes entrent par le site, d’ autres par la musique, ou par le live… Bien entendu le vecteur principal reste la musique, mais s’ arrêter uniquement à elle serait ne pas comprendre la totalité de notre travail.

MAA  : Avez vous des projets de collaboration avec d’ autres artistes ? (High Tone ou Doctor L par exemple)
Ez3kiel  : Le principe de collaboration est présent depuis notre 1er album. Nous y tenons particulièrement, et je pense qu’ il fait partie de notre couleur musicale. Cependant nous avons toujours pour ligne directrice de travailler avec des artistes dont l’ univers musical est très différent du notre, voir à première vue incompatible. C’ est la confrontation des deux univers qui va offrir des résultats surprenants. Même si nous respectons et aimons le travail de musiciens utilisant l’ électronique nous n’ envisageons pas pour le moment de croiser nos compétences dans ce domaine la.

MAA  : Comment êtes-vous parvenus à créer une bombe comme Versus ?
Ez3kiel  : un rythme hip-hop + un texte sans phrase + un sample de Nick Drake
Il n’ y a surtout pas de méthode de recettes en matière musicale, sinon ce serait très répétitif, voir ennuyeux.
Quand on compose un morceau on ne sait pas comment les gens vont l’ appréhender.
Si le morceau termine sur l’ album, c’ est qu’ il nous est cher. Le reste de son histoire, et de son succès ou non ne nous appartient plus dés lors ou le cd est distribué. C’ est même curieux pour nous d’ attendre les retours du public, de voir ses préférences et de les confronter à nos choix.
En ce sens « versus » peut être catalogué de « bombe », ça reste pour nous un morceau « efficace » et « accessible » dont on est très satisfait, mais qui ne représente qu’ une certaine partie de notre travail musical.

MAA  : Vous faites quoi 1er week end de juillet 2005 ? ^^ (NDLW : allusion aux

Eurockéennes de Belfort ;-)
Ez3kiel  : Pourquoi pas, on y est jamais allé ?

MAA  : Lisez-vous les critiques et les chroniques vous concernant ? Si oui, comment les percevez-vous ?
Ez3kiel  : Bien entendu, comme la plupart des artistes nous sommes sensibles aux retours, et notamment aux critiques.
Jusqu’ à présent nous avons été assez épargnés dans le sens ou la réaction des gens qui nous ont vu ou écouté est assez positive.
Peut-être cela vient-il du fait que pour le moment les seuls à parler de nous sont ceux qui le veulent bien, c’ est à dire la presse indépendante, ou les netzines, et que si ils le font c’ est qu’ ils aiment un minimum sinon ils feraient l’ impasse. Nous sommes totalement absents de la presse spécialisée nationale.
Merci en passant aux acteurs des médias indépendants (des fanzines aux netzines) (longueur d’ ondes, bokson.net , infratunes.com, massiveattackarea.com …).

MAA  : Qu’ est ce qui tourne sur votre platine en ce moment ?
Ez3kiel  : Meret beker, metamorphosis, nin,.

MAA  : Ez3kiel est un collectif dans lequel l’ aspect visuel a une part très importante et se lie à la musique, vos collaborations sont nombreuses, cela rappelle évidemment le groupe Massive Attack. Ce petit parallèle vous agace t’ il ?
Ez3kiel  : Non, on ne nous a jamais comparé à Massive attack. Mis a part l’ association videos/son/light qui est un peu la marque de fabrique de toutes les grosses formations anglosaxones ou américaines qui en ont les moyens, et encore a une échelle qui n’ est pas la notre, nous appartenons à deux réalités totalement différentes. Les comparer serait, certes gratifiant pour nous, mais incohérent.

MAA  : Que pensez-vous de leur carrière, de leur oeuvre ? Aimeriez-vous travailler un jour avec eux ?

Ez3kiel  : L’ album « Mezzanine » est un chef d’ oeuvre de la pochette, à la qualité des compositions et du son. Comment aller plus loin après avoir sorti un monument comme celui-là ?
Travailler avec, ou simplement rencontrer les anciens ou l’ actuel membre de massive attack, ou de n’ importe quelle autre formation de cette envergure, c’ est le genre d’ idée qu’ on a pas quand on répète dans 24 m2 en agglomération Tourangelle. Sans vouloir être sarcastique, il y a suffisamment de gens accessibles très talentueux et inconnus avec qui nous pouvons échanger et travailler de manière très saine avant de penser aux dinosaures médiatiques. Les collaborations que nous entreprenons sont plus basé sur le coté humain que médiatique.

Tara King th.

-  Tara King th. est le 1er groupe à ouvrir le bal des interviews pour Massive Attack Area. Nous les remercions très chaleureusement de s’ être prêté au jeu. Nous essaierons désormais de vous présenter (de façon assez régulière) des interviews exclusives, réalisées par vous, les membres du forum, auprès des groupes que nous écoutons et apprécions sur MAA.

-  Pour en revenir à Tara King th. , c’ est Arno qui a gentiment répondu à nos questions, en toute simplicité. Une interview très intéressante. N’ oubliez pas de faire un tour par leur site ( http://www.tkth.com/ ) Leur 2ème album sera disponible à partir de février 2005 si vous le pré-commandez via leur site sur lequel il est d’ ailleurs en écoute. Sa sortie « officielle » est prévue pour le printemps 2005. Enjoy et merci encore à Arno ;o)

Tara King th. (JPEG)

MAA  : Que signifie TARA KING THEORY ?
Arno  : Le nom Tara King est tiré de la série AVENGERS (chapeau melon et bottes de cuir). Tara King a succédé à Emma Peel aux cotés de John Steed. Je ne suis pas réellement fan de cette série mais l’ ambiance & l’ univers des séries anglaises de cette époque (Amicalement votre etc…) me touche particulièrement. THEORY, je vais essayer d’ être clair : c’ est l’ idée selon laquelle tout ce qui portera le nom tara king th. constituera peu à peu la théorie… en somme, c’ est inversé, la théorie se crée au fil du temps… bref, c’ est plus clair dans mon esprit. Disons, sinon, parce que ça sonne bien…

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MAA  : Qui est TKTH ? quelle est la moyenne d’ âge du groupe ?
Arno  : TKth, c’ est Béatrice, Vivien & moi (Arno). On peut donner une moyenne d’ âge aux alentours de 25 ans…

MAA  : Quelles sont vos influences musicales ?
Arno  : Ce qui nous influence est sûrement difficile à déterminer, par contre on peut parler rapidement de ce que l’ on écoute… c’ est assez vaste, surtout que nous n’ écoutons pas tous la même chose. Pour prendre les disques communs, il y a Alpha, Mum, Portishead, Under Byen, Radiohead ou Massive attack par exemple, pour ne citer qu’ eux…

MAA  : Comment vous vient l’ inspiration ? De quelle manière travaillez-vous ?
Arno  : Assez naturellement… et n’ importe où. La plupart du temps, j’ ai une mélodie simple dans la tête, je me mets devant un piano et tout s’ enchaîne assez rapidement. D’ ailleurs, je suis souvent surpris de la tournure que prennent les choses. Dès qu’ un titre est terminé, je me mets rapidement à un autre, comme si je risquais de rater quelque chose. Pour ce qui est de la manière dont je travaille, j’ enregistre seul et construis les morceaux, mélodies et voix témoins, viennent ensuite Béatrice pour les chants et Vivien pour certains arrangements.

MAA  : Cold est à mon sens (en tant que grande fan des Cure) l’ une des reprises de Cure les plus sympas, comment est né ce projet de reprises ?
Arno  : Merci ! C’ est mudah peach qui a mis sur pieds le tribute. Il était tout naturel que nous y participions. De plus, The Cure fait partie de notre culture musicale. Le choix de Cold s’ est fait rapidement, je voulais reprendre un des titres de Pornography et celui-ci était le plus proche des « humeurs » du moment.

MAA  : The Cure (Robert Smith) l’ a t’ il entendu, si oui qu’ en a t’ il pensé ?
Arno  : Je sais qu’ il a écouté le disque entier et qu’ il a, semble-t-il apprécié, je ne sais pas ce qu’ il a pensé de notre reprise en particulier.

MAA  : Connaissiez-vous personnellement Dominique Paturel avant la création d’ Harold ? comment est née cette collaboration ?

Arno  : Non, Nous ne connaissions pas personnellement D. Paturel avant le conte musical. L’ aventure a commencé quand nous avons essayé un 45T d’ enfant (20 000 lieues sous les mers de Disney) sur un titre (Nemo) de Tara King th. Sa voix était parfaite. Nous avons alors essayé d’ avoir les droits, impossible… Puis, il nous a contacté, ayant appris que nous cherchions à le joindre et nous a proposé de lire un texte, si nous en avions un. Nous avons alors décider de faire les choses à fond. On a sélectionné une dizaine de titre et Cécile, (qui a écrit les textes des 2 albums de TKth) a écrit l’ histoire sur la musique. Il a été emballé et le projet était lancé. C’ est une personne vraiment adorable.

MAA  : Qu’ est ce qui tourne sur votre platine en ce moment ?
Arno  : Under Byen, Interpol, The Black Keys, The National et toujours le dernier Tortoise, ainsi que Danny the dog…

MAA  : Pouvez-vous nous dévoiler un peu plus le 2ème album dont la sortie est prévue au printemps 2005 ?
Arno  : Heu que dire… Il est différent du précédent. Plus « pop ». Il y a plus de chant, il est beaucoup plus instrumenté, relativement calme… plus serein. Alors qu’ avec le premier, j’ avais le sentiment d’ avoir « simplement » fait un disque, cette fois, je pense être allé au bout d’ une « idée ». J’ espère qu’ il plaira à beaucoup de monde.

MAA  : Envisagez-vous de la scène à sa sortie ?
Arno  : Oui, bien sur, on y travaille. Nous avons déjà fait quelques dates avec les titres du prochain album. C’ est assez doux… Nous sommes 3 sur scène, et avons choisi de retravailler les titres du 2 nd LP pour qu’ ils soient jouables live… J’ aime beaucoup le résultat, ambiance « coton ». Cela apporte une vision différente de celle du disque et finalement assez complémentaire.

MAA  : Aimeriez-vous collaborer avec d’ autres groupes ? Si oui, lesquels ?
Arno  : J’ essaye déjà diverses collaborations au travers des remixes mais, pour parler de collaboration plus poussée, j’ aimerais beaucoup avoir des participations vocales telles que (tout univers confondus) Franck Black, Matt Berninger (The National) ou encore Etienne Daho… et dans l’ impossible, il y a Billie Holiday ou Esther Phillips…

MAA  : Votre univers musical pourrait très bien s’ associer à un projet cinématographique, est ce que cela fait partie de vos envies, de vos projets ?
Arno  : Oui, complètement. C’ est assez difficile d’ entrer dans le monde du cinéma. Nous avons déjà participé à une BO d’ un film américain (Wrong turn) mais cela reste anecdotique. Nous aimerions beaucoup travailler sur de la musique de film, composer dans ce sens… cela se fera peut-être un jour, nous travaillons déjà avec un jeune auteur qui écrit en ce moment un scénario pour lequel j’ ai composé un thème…

MAA  : Comment voyez-vous l’ avenir de la trip-hop ?
Arno  : Bof, pas évident à dire… Si on écoute les maisons de disques aujourd’ hui, il faut faire du rock, mais c’ est assez cyclique, alors… je pense qu’ il suffit d’ enlever les étiquettes. Le trip-hop évolue et évoluera comme tous les styles musicaux, il prendra d’ autres formes…

MAA  : On vous affilie assez fréquemment à Massive Attack, est ce que cela vous « dérange » ?
Arno  : Oh non, c’ est plutôt flatteur. Bien que toute comparaison soit souvent assez réductrice, c’ est un moyen nécessaire pour permettre de situer un « univers musical ». Par ailleurs, il est vrai que Massive Attack fait partie de nos influences musicales, et ce depuis leur premier album.

MAA  : Que pensez-vous de Massive Attack ?

Arno  : Ben, en regardant dans ma discothèque, il ne me manque pas un album, alors, je dirais que j’ ai toujours aimé, même si, avec le recul, j’ accroche un peu moins aux titres à influences plus « reggae ». C’ est un groupe très novateur et surtout fédérateur.

Hervé De Crecy


-  Tout comme Stéphane Sednaoui, Hervé de Crecy nous dévoile à travers cette petite interview la singulière histoire du clip « Special Cases ». Massive Attack Area le remercie très chaleureusement d’ avoir si gentiment répondu à nos questions.

MAA  : Comment êtes-vous arrivé sur ce clip ? Avez-vous été contacté (si oui par qui) ? ou bien cela venait il de votre initiative ? Qu’ est ce qui a fait, que « ça » s’ est fait en quelques sortes.
Hervé de Crecy  : Nous avons été contactés par notre producteur. Nous sommes représentés par Black Dog Films, qui est la filiale de la société de production RSA (Ridley Scott Associates), basée à Londres. Notre producteur là bas, John Payne, nous a appelé à nos bureaux de H5 un vendredi de novembre, dans l’ après-midi. Il nous envoie par mail un morceau, en nous disant : voici un morceau de Massive Attack, ça vous intéresse de réfléchir à un clip ? Si oui, envoyez nous un dossier pour lundi ! 2 jours pour pondre une idée, c’ est court… Mais c’ était pour le moins motivant de bosser pour Massive Attack. Le clip devait être fini pour la mi-janvier, ce qui nous laissait à peine un mois au cas où notre idée était retenue… Un mois dans lequel devaient aussi accessoirement avoir lieu Noël, le jour de l’ an, les vacances de 90% des gens avec qui on travaille, etc…

MAA  : Pouvez-vous nous décrire en quelques phrases la façon dont vous avez travaillé avec 3D : qui a eu l’ idée du scénario, aviez-vous entièrement carte blanche ou bien est ce que le 3D souhaitait avoir un oeil sur tout et avait une idée précise de ce qu’ il voulait ?
Hervé de Crecy  : Lorsqu’ on a reçu l’ appel de notre John Payne, il nous a transmis le brief de 3D. Pour le clip de Special Cases, 3D n’ avait que 2 exigences :

  1. le clip devait être réalisé à partir de ce qu’ on appelle en anglais du “stock footage”, c’ est à dire des films déjà tournés (images d’ archives, images de commande, ou autres) ;
  2. Il devait avoir un message fort, engagé (comme dans la plupart des clips de Massive Attack).

A partir de là, on s’ est penché sur le morceau lui-même. On l’ a écouté, réecouté. On a décortiqué les paroles. Et on est arrivé à notre idée en se basant sur la structure de la chanson. On s’ est rendu compte que la musique, comme les paroles, était construite sur une dichotomie, une opposition. Musicalement, le morceau est coupé en 2… Vers la moitié, un pont musical sépare les deux parties de la chanson. Ces deux parties sont similaires et à la fois opposées. La chanson parle des contradictions qui forment une personnalité, des différentes identités qui existent dans chaque personne et dans la douleur que peuvent provoquer les choix de vie. Par extension, nous voulions faire quelque chose sur la dualité. On a d’ abord trouvé la structure en miroir, et ce n’ est qu’ ensuite qu’ on est arrivé à parler de biotechnologie de la reproduction. Ca faisait longtemps qu’ on avait envie de montrer la fabrication d’ un être humain en laboratoire, et les images d’ archives nous ont permis de le faire à peu de frais (pas besoin d’ effets spéciaux complexes, un habile montage permet de faire dire ce qu’ on veut à une image).

MAA  : Pourquoi deux versions différentes pour ce clip ?
Hervé de Crecy  : L’ idée des deux versions était inhérente à notre structure en miroir. En écrivant l’ histoire, on avait pensé que le pont musical se situait exactement au milieu du morceau. Comme ce moment était réservé dans notre scénario à la rencontre entre les deux “clones”, les temps se situant avant et après nous permettaient de raconter l’ évolution de chacun. Or, si le temps était le même pour les deux, on pouvait diffuser le film indépendamment à l’ endroit ou à l’ envers. C’ était pour nous une nouveauté intéressante à exploiter, d’ autant que ça n’ avait jamais été vu en clip. Cependant, le principe marchait à 2 conditions :

  1. Il fallait que le pont musical soit exactement au milieu du morceau. Ce qui n’ était pas le cas. On a bien essayé de demander à 3D un mix spécial pour la vidéo mais son manager a tout de suite dit non. Ce qui est compréhensible, vu la durée initiale du morceau (5′ 20” -notre clip de loin le plus long).
  2. Il fallait que la deuxième partie du clip soit en “reverse action”. C’ est-à-dire que si le personnage marche, il doit marcher en arrière, s’ il avance, il recule, etc. Nous étions assez favorable à cette construction au début, mais le manager (Marc Picken) et la commissionnaire du film (Carole Burton Fairbrother) craignaient un côté trop “arty” pour une vidéo grand public. Comme de toute façon notre principe de film réversible ne pouvait pas marcher, on a juste inversé l’ ordre des plans dans la deuxième partie.

Une fois que l’ on a fini la première version, notre producteur (Pete Shuttleworth pour Black Dog Films) comme nous-même pensions que l’ idée d’ une seconde version avait été abandonnée. Mais Marc Picken (et 3D derrière) a insisté pour que nous la fassions. Ce qui n’ était pas des plus faciles car nous avions un peu épuisé notre sélection d’ Images bank…

MAA  : Dans « special cases » on ne voit pas 3D, ni même Sinead : est-ce un souhait de Massive Attack ?
Hervé de Crecy  : Pas particulièrement. Ils n’ avaient pas précisé qu’ ils ne voulaient pas apparaître dans la vidéo, mais ils n’ avaient pas dit le contraire non plus. Donc nous étions libres de les représenter ou non. Mais le message aurait été moins fort s’ ils avaient été présents dans le clip. On est plus concentré sur le propos si les chanteurs ne sont pas visibles… En plus, ils apparaissent plutôt rarement dans leur clip… (en tout cas Massive Attack).

MAA  : Le contact avec 3D a t’ il été facile ?
Hervé de Crecy  : Plus que facile : il n’ en a eu aucun. Même pas un coup de fil. Tout s’ est passé par l’ intermédiaire de son manager Marc Picken. Il n’ est même pas venu voir le clip fini. On lui a fait envoyer une cassette.

MAA  : Sinead O’ Connor était-elle impliquée dans la création de ce clip ou totalement absente ?
Hervé de Crecy  : Totalement absente, malheureusement. C’ est assez frustrant, on aurait bien voulu les rencontrer.

MAA  : Comment 3D a réagi en voyant le clip ? Est que cela correspondait à ses attentes ? Etaient-il surpris (positivement ou négativement) ?
Hervé de Crecy  : Difficile à dire. La seule réflexion qu’ on aie eu de sa part est :”eeh, le mec il a les cheveux trop longs”, en parlant de l’ acteur principal.

MAA  : Avez-vous des anecdotes à nous raconter ?
Hervé de Crecy  : Pas particulièrement. Ludovic a passé minuit du jour de l’ an dans le taxi qui l’ amenait en famille, après avoir passé la soirée dans l’ eurostar puis dans le TGV. Période difficile pour faire un clip. D’ autant que les 9/10è des gens avec qui on voulait travailler étaient en vacances, que les banques d’ images, les boîtes d’ archives audiovisuelles étaient toutes fermées, etc. On en a bavé. Et 21 jours de montage (avec Dayn Williams, chez Cut&Run), un record. Des mauvais fish & chips.

MAA  : Font ils partie des groupes avec lesquels vous tenteriez à nouveau l’ expérience ? Une nouvelle collaboration avec eux serait elle possible ?
Hervé de Crecy  : Quand ils veulent. On a peut-être un projet à leur soumettre, on va voir.

MAA  : Quels sont les artistes avec lesquels vous aimeriez travailler ?
Hervé de Crecy  : Il y en a beaucoup. Comme ça, en vrac, Radiohead, Blur, Phoenix, Gorillaz, Coldplay, Boards of Canada, Beck, les Beastie Boys, the Roots, White stripes, the Strokes les Daft Punk, Wilco…

MAA  : Quels sont vos projets professionnels pour les prochains mois ?
Hervé de Crecy  : Des projets personnels (film, livre & DVD), des publicités et on reste ouverts à tous projets de vidéoclips intéressants.

MAA  : Et pour terminer, quels sont vos goûts musicaux ? Qu ‘ écoutez-vous actuellement ?
Hervé de Crecy  : Mêmes artistes que ceux avec qui on voudrait travailler. Personnellement, j’ écoute beaucoup Wilco en ce moment…

Jérôme Lateur


-  A l’ occasion de la sortie de la BO du film « Danny The Dog », Monsieur Jérôme LATEUR, le Directeur de la Division Musique de la Société EuropaCorp, nous a accordé en exclusité une interview. Nous le remercions très chaleureusement.
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Jérôme LATEUR

MAA  : « Pouvez-vous nous raconter comment se sont faits les 1ers contacts avec Massive Attack ? (qui les a contacté, ont ils été emballés tout de suite, votre 1 ère rencontre avec eux).
Jérôme Lateur  : Au départ, il y a eu une réflexion artistique au sujet de la musique du film entre Louis Le Terrier (réalisateur du film), Luc Besson (producteur), et moi-même. Nous cherchions quel style de musique conviendrait au mieux à ce film climatique. Plusieurs pistes ont été évoquées (Aphex Twin, Placebo, Fat Boy Slim, Massive Attack). Je me suis donc rapproché des différents managers afin de proposer le film à ces artistes. C’ est en fin de compte par l’ intermédiaire et avec l’ aide de Luc Charles & Benjamin Chulvanij (D.G & D.G adjoint de Delabel / E.M.I) que nous sommes remontés jusqu’ à Massive Attack et Marc Picken (leur manager). Nous avons donc fait un premier rendez-vous à Londres chez Virgin en présence du management, de la maison de disque et du réalisateur afin de décrire le projet. Nous avons eu un excellent contact avec Marc Picken qui semblait être assez intéressé pour faire remonter le projet jusqu’ au groupe (3D, Neil Davidge…). Nous avons donc présenté le film à Massive Attack qui suite à la projection nous a confirmé son accord pour composer pour la première fois de leur carrière un score de musique de film dans son intégralité.

MAA  : Quelles ont été les différentes étapes de création de cette bande originale (du début du projet à la réalisation finale) ? comment le groupe a t’ il abordé ce « travail ».
Jérôme Lateur  : Massive Attack a abordé la composition du score de façon très artistique et professionnelle. Artistique d’ abord puisqu’ ils ont cherché à servir le film au mieux des indications fournies par le réalisateur Louis Le Terrier qui s’ est rendu à plusieurs reprises dans le studio de Massive Attack à Bristol afin de donner sa vision artistique du film. Professionnelle ensuite, puisque Massive Attack a dû mettre toute sa créativité et sa personnalité artistique au service d’ un film qui est lui-même le fruit d’ un immense travail de groupe. Ainsi nous avons donc travaillé 4 mois environ dans leur studio de Bristol pour toute la phase d’ écriture et de composition. Nous avons également enregistré les cordes dans un studio de Londres pendant une journée. Puis nous avons fini la production ainsi que le mixage 5.1 (cinéma) aux studios Digital Factory en Normandie durant 1 mois.

MAA  : Le groupe a t’ il vu le film (avant / après) ?
Jérôme Lateur  : Oui bien sûr, le groupe a vu le film dès nos premières approches, il était important pour eux et pour nous-même, qu’ ils apprécient le film et qu’ ils puissent se l’ approprier pleinement. Par la suite, Massive Attack a été en pleine possession du film tout au long de la phase de composition et de production, il était primordial qu’ ils composent la musique à l’ image.

MAA  : Quel souvenir garderez-vous de cet enregistrement ? L’ ambiance était elle bonne ?

Jérôme Lateur  : L’ ambiance était excellente, ce sont de grands professionnels qui maîtrisent parfaitement bien leur art, il faut dire que la musique de film est un exercice de style passionnant pour un groupe aussi créatif que Massive Attack. Le souvenir le plus marquant, c’ est lorsque le groupe nous a présenté les premières musiques finies avec les cordes, mais pas encore mixée. La qualité sonore et artistique des premières musiques étaient carrément hallucinante, même avant mixage, très impressionnant vraiment.

MAA  : Parmi les quelques rumeurs qui ont circulées à droite et à gauche, nous avons quelques fois entendu qu’ il avait été question que Liz Frazer (la chanteuse du groupe Cocteau Twins) participe à cette BO, est ce vrai ? Certains disent que Daddy G n’ a pas participé, est-ce vrai ? Neil Davidge était il de la partie ?
Jérôme Lateur  : Les rumeurs ne sont que des rumeurs, il ne faut généralement pas y prêter attention. En réalité, nous avons évoqué la possibilité d’ avoir un ou une interprète sur le générique de fin du film (comme c’ est souvent le cas sur les musiques de générique de fin au cinéma), c’ est vrai, mais la réalité concerne en fait Dot Allison et non pas Liz Frazer. Pour tout vous dire (et ce sera peut-être même le « scoop » du jour pour vous grands adorateurs de Massive Attack), nous avons bel et bien un titre absolument magnifique de Massive Attack interprété par Dot Allison. En fait, ce titre se trouve en générique de fin du film, il fait plus de 6 minutes, il est très proche de l’ univers du groupe à mon sens et ne se trouve pas sur la B.O.F, il est exclusif au film (avis aux amateurs…). Par ailleurs, concernant les autres rumeurs, bien sûr que Neil Davidge était de la partie, c’ est un être exceptionnel par sa gentillesse, sa disponibilité et son talent. 3D était naturellement très impliqué lui aussi sur l’ ensemble du projet mais est-ce bien nécessaire de le mentionner dès lors que l’ on a pris connaissance de la B.O.F, c’ est une évidence. Il y avait également Lee qui a pris part à l’ ensemble des phases techniques de mixage et de production (une sorte de petit génie de l’ informatique). Concernant Daddy G, il est vrai que nous l’ avons moins vu en studio, mais de là a dire qu’ il n’ a pas participé du tout, il y a un énorme fossé.

MAA  : Pourquoi, au final, aucun des morceaux de la BO ne comporte de chant ? »
Jérôme Lateur  : C’ est un choix artistique fait par Massive Attack, une volonté de restituer au mieux l’ univers musical du film sur la B.O.F, garder une démarche expérimentale qui selon nous est très intéressante. Et puis c’ est vrai sur la B.O.F, par contre sur le film, nous avons quand même un titre magnifique auquel je fais référence plus haut.

Stéphane Sednaoui

-  Lors de la création de la section vidéographie nous avons pensé à l’ enrichir petit à petit, et en fonction de nos possibilités, d’ interviews des différents réalisateurs ayant travaillé avec Massive Attack.

-  Stéphane Sednaoui a été l’ un des 1ers à accepter de se prêter au « jeu ». Il nous a livré sur cd audio une interview passionnante et très enrichissante, un certain 13 octobre 2004 à 5h30 du matin…

-  Toute l’ équipe de MAA le remercie de s’ être si gentiment et si généreusement livré à nous, de nous avoir accordé quelques minutes de son précieux temps et d’ avoir si bien exprimé sa passion pour son travail.

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Stéphane Sednaoui

MAA  : Connaissiez-vous musicalement le groupe Massive Attack avant la réalisation de Sly ?
Stéphane Sednaoui  : Oui, je connaissais depuis le 1er album Massive Attack et je mourrais d’ envie – je crevais d’ envie – de faire un clip pour eux et ils avaient le fantastique réalisateur Baillie Walsh qui avait fait des clips tellement sublimes, qui avait tellement innové que c’ était très excitant pour moi l’ idée de travailler avec Massive Attack.
Non seulement la musique était fantastique, mais en plus, Baillie Walsh avait vraiment mis le paquet. C’ était très très excitant l’ idée de travailler avec ce groupe et de faire un clip qui soit à la hauteur de ce que Baillie Walsh avait fait. Et puis finalement, j’ ai du attendre le 2 ème album.

MAA  : Appréciez-vous ce qu’ ils font ?

Stéphane Sednaoui  : Enormément. Même si Massive Attack n’ est plus Massive Attack dans le sens ou ce n’ est plus le groupe d’ origine. J’ adore aussi le dernier album que 3D a fait et voilà, il y a toujours le même esprit et ça me plait toujours énormément.

MAA  : De quelle manière avez-vous été approché par Massive Attack sur ce clip ? Comment « ça » s’ est fait en quelque sorte ?
Stéphane Sednaoui  : A l’ époque je bossais pas mal avec Carole Burton Fairbrother et c’ est elle qui m’ a contacté, si je me souviens bien, pour me proposer de faire un clip pour Massive Attack (Sly). A l’ époque je devais faire « Bedtime stories » pour Madonna et j’ avais accumulé comme ça des idées dans ma tête. J’ avais pris un peu de notes et puis finalement j’ étais pas prêt. Je suis parti en vacances. Elle était impatiente, elle a décidé de faire le clip avec Mark Romanek qui lui était plus que prêt. Et puis Carole m’ a appelé pour me proposer les Massive Attack et j’ étais dans un certain état d’ esprit. Il y avait plein de choses que je voulais faire comme ça et certaines de ces idées, je les ai transposées, je les ai projetées dans la musique de Massive Attack. Et voilà j’ avais trois thèmes, trois idées différentes que j’ ai mis toutes les trois, qui s’ enchevêtrent dans le clip.

MAA  : Comment s’ est passé le travail avec eux ? Ils avaient une idée prédéfinie de ce qu’ ils voulaient ou bien leur avez-vous proposé le scénario ?
Aviez-vous eu carte blanche ou bien est ce que le groupe souhaitait avoir un oeil sur tout ?

Stéphane Sednaoui  : A l’ époque, c’ était vraiment une période fantastique pour les réalisateurs de clip parce que, en général, il y avait des supers budgets pour des musiciens artistes qui aujourd’ hui n’ auraient plus du tout les mêmes budgets. Donc il y avait Massive Attack , Bjork, Tricky. Tout ces gens là avaient des supers budgets pour faire des clips et ils avaient l’ intelligence et le goût de choisir quelques réalisateurs artistes et de leur faire confiance. Donc Massive Attack, j’ ai écrit un « treatment » et puis c’ est tout. Je ne crois même pas avoir discuté avec eux de quoique ce soit. J’ ai écrit le « treatment ». Ils étaient enthousiastes, enfin je l’ espère, et puis ensuite on a tout préparé et on les a rencontré pour tourner. Donc j’ avais vraiment carte blanche. L’ idée c’ était vraiment, comme je l’ ai dit, des choses que j’ avais en moi. Et puis la musique était tellement cinématographique. C’ était vraiment comme un soundtrack d’ un film un peu incroyable et donc je me suis laissé complètement partir en écoutant la musique. La chanson était un peu différente aussi parce qu’ il y avait Nicolette.

MAA  : Comment sont les Massive Attack au travail ? (faciles à diriger ou non)
Stéphane Sednaoui  : Il y avait pour ce clip 4 personnes, puisqu’ il y avait : Nicolette, Mushroom, 3D et Daddy G. Et ils avaient chacun leur personnalité. Nicolette était très enthousiaste et très facile à diriger. 3D était pour moi aussi assez facile à diriger parcequ’ il est assez puissant au niveau de son énergie et ça pourrait être un acteur aussi. Donc il y avait comme ça une tension intérieure qui était géniale devant la caméra. Mushroom c’ était différent, je ne sais pas s’ il était timide ou s’ il m’ aimait pas ou si le courant ne passait pas. Mais c’ était plus difficile avec lui, j’ arrivais pas à le saisir. Quand à Daddy G, lui, il était très gentil, mais c’ était pas son truc je crois d’ être devant la caméra en tout les cas c’ est ce que je ressentais quand on tournait les plans avec lui.

MAA  : Comment s’ est passé le tournage et dans quelle ambiance ? Avez-vous des anecdotes à nous raconter ?
Stéphane Sednaoui  : C’ était une drôle d’ ambiance parce qu’ il y a eu trois jours de tournage : un jour en studio, un jour dans les jardins et puis un jour dans Wall street. Bon il y avait aussi quelque chose de très sympathique c’ est que je m’ entoure en général d’ amis pour travailler avec moi et surtout à l’ époque ou tout le monde était extrêmement enthousiaste à l’ idée de participer à une musique video. Donc je pouvais appeler plein d’ amis. On avait tous entre 25 et 32 ans et tout le monde était très souvent libre et prêt à venir pour bosser pour participer à un clip. Et en plus ils savaient que obligatoirement ils allaient se voir ensuite sur MTV, tout le monde regardait MTV à l’ époque. Donc il y avait vraiment un vrai enthousiasme. Donc il y avait une ambiance sympa parce que, que ce soit dans la rue ou que ce soit dans le studio il y avait pas mal d’ amis dans le casting. J’ utilisais les membres du groupe très sporadiquement, de temps en temps, pas énormément. Et puis on avait fait aussi un énorme casting de danseurs, de personnages, un énorme stylisme aussi avec des costumes, des choses comme ça. C’ est une de mes vidéos les plus élaborées. Vicky Bartlett avait fait énormément de costumes sublimes. Jerry Schwartz avait fait toute les « props ». Daniel Adric avait fait tous les effets spéciaux techniques des « props » et il avait fait toute la up » direction de la vidéo. Et puis il y avait aussi Ward qui avait aussi des choses sublimes. Donc on s’ était tous tous tous éclatés, défoulés et ça a été vraiment un feu d’ artifice d’ idées et de participations et de tout ça.

Une énorme annecdocte : le matin où on est arrivé pour tourner, on avait réservé une rue, ma rue préférée dans wall street. On est arrivé et la rue était entièrement occupée par le décors de Batman 3. Et on était, à 6 heures du matin, genre « raaaaaaaaaaaah » : la rue qui était vide la veille ou l’ avant veille était remplie des décors. Batman n’ avait pas du tout le droit d’ utiliser cette rue mais comme c’ était un long métrage, il avait tout les droits, donc il avait pris la rue. On a désespérément cherché une autre rue. Et finalement on a trouvé à 4 / 5 blocs de là, après avoir cherché pendant une heure, on a trouvé une rue qui marchait parfaitement. Donc c’ était une petite angoisse de tournage.

Dans les autres anecdotes, au niveau du tournage : on avait pris des gogo danseurs pour danser et donc il a fallu faire le casting et je me suis dévoué pour aller dans les bars de gogo danseurs : les strip bars. Je n’ y suis jamais allé avant, c’ était la 1 ère fois que j’ y allais, et j’ étais extrêmement extrêmement timide j’ osais même pas regarder les filles qui dansaient devant moi. Comme ça la 1 ère heure et puis au bout de 3 / 4 / 5 heures j’ étais complètement habitué. On y était allé avec Daniel Adric et je crois la casting directeur, donc pour moi c’ était une sorte de baptême de la douce décadence de New-York.

MAA  : Avec lequel des membres avez vous eu le contact le plus facile ? (et le plus « difficile »)
Stéphane Sednaoui  : C’ était avec 3D, sans problème, que j’ ai eu le contact le plus facile. Non pas que j’ ai eu des contacts extrêmement faciles avec les trois mais en tout les cas le contact le plus facile était avec 3D. Le plus difficile avec Mushroom parce que le courant ne passait pas je pense. Par contre dire que le contact a été excellent ça non. Parce qu’ il y avait une sorte de distance et on s’ est jamais revu ensuite. Et j’ avais entendu dire qu’ ils aimaient pas le clip. Ils étaient pas contents du clip. Et jusqu’ à ce jour j’ ai gardé une sorte d’ arrière goût parce que j’ avais pas l’ impression qu’ ils avaient été contents du clip. Moi j’ en suis extrêmement content mais en général quand on travaille pour un artiste ou pour un groupe et qu’ on sent et on apprend, on entend dire qu’ ils sont pas entièrement contents : on est toujours un petit peu déçu. Mais je dois dire que sur celui là, j’ ai tellement mis de choses dans le Massive Attack que malgré tout je suis très content du résultat et que j’ aurais souhaité que eux aussi soient très contents du résultat.
Pour moi c’ était un peu… J’ avais une référence, c’ était dans la tête non pas que je cherchais du tout à copier ce film parce que ça n’ a aucun rapport au final, mais j’ avais une référence c’ était « The Man Who Fell To Earth » avec David Bowie. Il y avait une sorte de mélange d’ espace et de temps dans ce film. Il y avait du futur. Il y avait des flashs back à l’ époque du far west. Il y avait le présent. C’ était vachement intéressant et c’ est ça que j’ avais dans la tête et donc pour moi j’ étais très très content du résultat parce que j’ avais vraiment fait une sorte de fantaisie comme ça spacio temporelle et donc voilà.

MAA  : Font ils partie des groupes avec lesquels vous tenteriez à nouveau l’ expérience ? Une nouvelle collaboration avec eux serait elle possible ?
Stéphane Sednaoui  : Oui, je crois même qu’ on m’ avait de faire d’ autres « treatments » pour MA je ne me souviens plus très bien.. Mais oui, j’ aurais adoré que 3D me contacte pour faire un nouveau projet. Bon c’ est pas grave, maintenant j’ ai moins d’ enthousiasme à faire des video clips parce que je suis un peu passé à autre chose parce que les video clips pour moi c’ est énormément de travail c’ est deux semaines de préparations tranquilles à penser qu’ à ça et trois semaines de post production et maintenant je bosse tellement que j’ ai vraiment beaucoup de mal à trouver le temps de faire des clips très élaborés. Donc ce qui marche pour moi c’ est de trouver des idées très simples et de faire des clips très simples mais des idées plus compliquées, j’ ai un peu de mal. Mais par contre j’ adorerais faire kkchose un peu comme une scène de film, pour Massive Attack.

MAA  : Quels sont les artistes avec lesquels vous aimeriez travailler ?
Stéphane Sednaoui  : C’ est une difficile question parce que là, dernièrement j’ ai écoute « citizen cope » ( http://www.citizencope.com ) que j’ adore. J’ ai écouté « Tv On The Radio » ( http://www.tvontheradio.com ) , j’ adore Sigur Ros ( http://www.sigur-ros.co.uk/ ). J’ adore aussi RJD2 et voilà mais ça c’ est un peu les nouveaux trucs. J’ adore toujours DJ shadow, j’ ai toujours craqué pour la musique de DJ shadow depuis le début et voilà… C’ est un peu les musiques que j’ aime alors il peut y avoir aussi d’ autres musiques un peu plus.. par exemple j’ adore Lou Reed et là je suis entrain de faire une compilation de toutes mes videos en dvd. Ca fait partie du Directors label, ( http://www.directorslabel.com/ ) ils ont déjà sorti une compilation pour Spike Jonze, Michel Gondry et Chris Cunningham et donc je vais sortir ce dvd et je cherche à faire un truc en plus, quelque chose qui n’ est jamais sorti. J’ ai donc contacté Lou Reed pour faire une video de « Walk on the wild side ». Donc ça c’ est un projet très excitant pour moi et il faut juste que je trouve du temps pour écrire l’ idée puisque j’ ai plus que quelques semaines pour pouvoir tourner le clip.

MAA  : Quels sont vos projets professionnels ?
Stéphane Sednaoui  : En ce moment je finis et je met la dernière patte à mon website avec les photos, les clips vidéos, des projets personnels, enfin plein de trucs pour avoir vraiment une bonne vue de tout ce que je fais, parce que je fais du reportage, de la mode, des portraits, des video clips et puis des films de pub. Le dvd aussi, la compilation des musiques video, sinon les projets de photos de mode, les projets de pubs, les « commercials », des projets personnels. Donc beaucoup de choses comme ça qui tournent toujours autour de la photo et autour de la musique video et des films de pub avec toujours dans la tête l’ envie de faire un film mais ça .. J’ avais essayé d’ acheter les droits d’ une histoire, ça n’ a pas marché donc j’ attends d’ avoir le coup de foudre pour une nouvelle histoire.

MAA  : Et pour terminer, quels sont vos goûts musicaux ? Qu ‘ écoutez-vous actuellement ?
Stéphane Sednaoui  : Et bien je vous l’ ai dit. Ca va de Chemical Brothers à Björk à Tricky, beaucoup de gens pour lesquels j’ ai travaillé parcequ’ en général je ne travaille que pour des gens dont j’ aime la musique et que j’ aime en tant qu’ artistes. Il m’ est arrivé d’ avoir quelques malencontreuses exceptions mais en général je fais tout, au niveau de la musique video, d’ être très très proche de mes goûts personnels. Quelqu’ un d’ autre que j’ aime beaucoup aussi c’ est Mirwais.