Protection


-  Date du tournage : 21 décembre 1994
-  Lieu du tournage : Paris
-  Réal. : Michel Gondry
-  Durée 6mn32s

Protection

Par Dissolved Girl
Ambiance froide d’ une rue de Paris au moment de Noël. La rue après la pluie, l’ immeuble, ses boites aux lettres. Un Daddy G, dans le rôle d’ un papa accompagné d’ une petite fille, prend l’ ascenseur les bras remplis de cadeaux. Il croisent Tracey qui nous fait pénétrer dans son appartement à la déco vieillotte. Tels des voyeurs nous passons d’ un appartement à l’ autre, observant des scènes de la vie quotidienne : un type endormi devant sa télé, un 3D « bidouillant » l’ électronique, un mushroom en visite offrant un cadeau à une petite fille (sa fille ?) sous le regard d’ une jeune femme… puis on continue notre visite, des plans de plus en plus bizarroïdes et un retour à Daddy G, la boite aux lettres… la rue… la pluie.

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Par ApOk
Michel Gondry est un génie. Et un grand enfant. Réalisateur reconnu de vidéos (et depuis peu de longs-métrages), son style est unique. Il récrée des mondes enfantins, fantaisistes et merveilleux. Il est un véritable bricoleur et un magicien hors normes. C’ est pourquoi, donner les « trucs » de mise en scène de Protection, c’ est un peu gâcher la magie. Bien aidé par son frère au montage, Gondry nous livre un clip où la notion de dimensions et de temps est remise en cause. Apparaît le don d’ ubiquité avec Tracey Thorn et 3D. Le clip est un long plan-séquence (faux bien évidemment) et fut donc tourné dans un décor à plat (je vous invite à regarder le processus de fabrication dans le DVD The Work of Michel Gondry paru chez Labels). Une multitude de détails sont à repérer dans cet énorme fourre-tout et Gondry en joue. Du travail d’ orfèvre indéniablement.

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Karmacoma


-  Date du tournage : 8, 9, 10 et 11 novembre 1994
-  Lieu du tournage : County Hall, Londres
-  Réal. : Jonathan Glazer
-  Durée : 4mn15s

Karmacoma

Par 3D
Le clip le plus « halluciné » du groupe ! L’ action se situe dans un hôtel un peu particulier, où le groupe se réfugie dans une chambre (la 82 pour être précis !) à la suite de ce qui semble un braquage (l’ argent, le journal télévisé, les vêtements Tex Mex, l’ inquiétude des protagonistes, …). Tricky, alterne avec 3D (en charmante compagnie), un rap mélodieux tandis que Mushroom agonise d’ une blessure et que Daddy G scrute les murs, fait le guet.
On suit alors tout le long du clip, une galerie de personnages tous plus étranges les uns que les autres, et ce par le biais de portes entrouvertes laissant apparaîtrent ces tranches de vie quelque peu surprenantes… Avec pour seul trame linéaire et conductrice, le gangster (responsable de la blessure de Mushroom ?) cherchant désespérément une porte… Surprenant, décalé, bourré de références cinématographiques, ce clip est absolument fascinant à découvrir et à tenter de décrypter !

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Par ApOk
Réalisateur de clips pour Blur ou encore Radiohead (puis par la suite de longs-métrages), le britannique Jonathan Glazer livre ici le clip du fameux Karmacoma. Ce clip débute donc par le plan d’ un homme armé déambulant dans les couloir d’ un hôtel, le tout sous les marmonnements d’ Olegar Fedoro, un poète maudit. Ensuite, nous avons une succession de séquences n’ ayant pas trop d’ importance narrative mais qui sont de très belles images qui pourraient être l’ oeuvre d’ un peintre contemporain. On comprend que Tricky, 3D, Mushroom et Daddy G sont des voleurs en fuite et qu’ ils ont ramassé un joli magot. Les personnages semblent sortis d’ un film de David Lynch, à faire des choses insensées, les pièces baignent dans une photo lumineuse. Glazer fait aussi référence à Shining. Un bon exercice de style pour une excellente chanson.

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Risingson


-  Date du tournage : 5 et 6 juin 1997
-  Lieu du tournage : Acton, Londres
-  Réal. : Walter Stern
-  Durée : 5mn

Risingson

Par 3D
Ce clip prend place dans ce qui ressemble à un appartement improvisé en studio. Le studio est calfeutré… Une sensation oppressante d’ enfermement se fait sentir… La lumière transparaît peu… 3D, Daddy G et Mushroom y jouent leur propre rôle (y compris dans leur caractères incarnés à l’ écran et plus ou moins prononcés dans plusieurs clips).
Tandis qu’ ils répètent, de mystérieuses et inquiétantes silhouettes se dessinent au travers des fenêtres. Suspicieux, inquiet, 3D inspecte les alentours tandis que Mushroom, insouciant, file à la cuisine se préparer à manger. La menace latente n’ est plus, des hommes armées de tronçonneuse essaient de pénétrer dans l’ appartement. 3D court dans tous les sens, toutes les pièces pour essayer de comprendre ce qu’ il se passe… Daddy G observe son petit manège tranquillement… Mushroom est toujours à la cuisine, malgré le danger présent… Se sentant piégé, 3D se résigne, s’ assoit, reprend ses esprits, et sourit… Mushroom mange… Daddy G s’ enfuit…

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Par ApOk
Le huis clos est toujours un genre à part, cinématographiquement parlant. Ici, Walter Stern nous en livre un assez oppressant et où, les parallèles avec Assault de John Carpenter sont possibles. Globalement, le groupe se soucie peu des assaillants (masqués et armés de tronçonneuses), le rythme est lent (le clip est entièrement en ralenti) et suit le tempo de Risingson. 3D réagit bizarrement à la situation, Mushroom et Daddy G ne sont pas du tout inquiétés. La photo est sombre et joue avec la notion d’ enfermement (paradoxalement l’ extérieur est surexposé). Une fois de plus, cette vidéo de Massive Attack nous montre des personnages lunaires, ayant des réactions surprenantes à des situations saugrenues.

Teardrop


-  Date du tournage : 25 et 26 mars 1998
-  Lieu du tournage : Towerbridge studios, Londres
-  Réal. : Walter Stern
-  Durée : 4mn44s

Teardrop

Par Dissolved Girl
Dans ce video clip pas de 3D, Daddy G ou un autre membre de Massive : la scène se passe in utero et l’ unique acteur n’ est autre qu’ un foetus qui fredonne Teardrop. La reconstitution du milieu utérin, du bébé et des ses mouvements est d’ un réalisme bluffant. En parfaite adéquation avec la rythmique de la chanson qui reproduit les battements cardiaques (ceux de la mère dans le clip ?). Ce réalisme de l’ image vaudra à « Teardrop » un MTV award. Walter STERN, aux commandes, a travaillé également sur certains clips de The Chemical Brothers, The Prodigy, NIN, David Bowie, Madonna…

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Par ApOk
En voyant ce clip, on se pose la question : que seraient les images sans la musique ? Car forcé d’ admettre, que la musique fait tout. Les images d’ un bébé qui va naître dans quelques instants c’ est logiquement très beau. La technique est magnifique mais souffre d’ effets légèrement cheaps. Le tout fonctionne à merveille mais qu’ en sera-t-il dans quelques décennies ?

Angel


-  Date du tournage : 8, 9 et 10 juin 1998
-  Lieu du tournage : Metropolitan car park et Old Good Yard, Londres
-  Réal. : Walter Stern
-  Durée : 5mn23s

Angel

Par 3D
Une bassline sourde et profonde retentie tandis qu’ une voiture se gare au sous-sol d’ un parking peu rassurant. Daddy G incarne le personnage de monsieur tout le monde, qui, après une journée de travail, aspire à rentrer tranquillement chez lui. Alors qu’ il se met à traverser cet oppressant huit-clos, il a la désagréable sensation d’ être suivi…
Accélérant le pas, s’ arrêtant pour constater, Daddy G, comme tout un chacun ressent une persécution latente en ce lieu… Et qui n’ a jamais vécu cette sensation d’ angoisse particulière en traversant ces blocs de béton en ayant l’ impression d’ être épier, suivi ? Qu’ une menace invisible peut surgir à n’ importe quel moment ?! Massive joue sur ce climat anxiogène, sur cette peur collective. L’ insécurité est palpable… Jusqu’ à ce que la menace apparaisse… 3D, Mushroom et Horace Andy, jouent les voyous qui se mettent à poursuivre Daddy G. Suivis par des centaines d’ autres, ils traquent et coursent leur proie (victime ?) jusqu’ au dehors, où terrorisé, Daddy G essaie de s’ enfuir à grandes foulées… Jusqu’ à un retournement de situation assez… inattendu !!!!

Pour l’ anecdote, le groupe n’ a jamais sorti à temps ce clip : « il ne nous semblait pas représenter ce que nous voulions suggérer. Avec le recul, c’ est un très bon petit film. » Ce clip est resté inédit jusqu’ à la sortie, il y a deux ans, du dvd.

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Par ApOk
Walter Stern a dû trop voir Assault décidément. Ou alors pur hasard mais après Risingson, nous avons encore affaire à une horde d’ assaillants sortis de nulle part. Le mal est partout et Daddy G en fait les frais. Il est suivi par une Horace Andy puis 3D et Mushroom pour au final se retrouver devant une centaine de personnes. D’ ailleurs on sent dans leur jeu, qu’ ils ont dû prendre un réel plaisir à tourner cette vidéo. Quoi qu’ il en soit, la mise en scène est classique mais pour le coup ludique : ralentis, lumière blanche surexposée. Une grande partie de « chat » en somme avec la chanson Angel en second plan, tant les paroles ne correspondent pas aux images.

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Inertia Creeps


-  Date du tournage : 26 et 27 août 1998
-  Lieu du tournage : Bow studios, Londres
-  Réal. : Wiz
-  Durée : 5mn59s

Inertia Creeps

Par 3D
Construit en flash-back, ce clip prend lieu dans un bureau plutôt cossu, où l’ on y trouve un 3D dépité, nerveux, anéanti… Il se repasse en boucle une bande… Celle d’ une femme… Sa femme… Qu’ il surprend commettant un adultère… Daddy G et Mushroom jouent les rôles des amants. De nombreux parallèles sont effectués entre les objets qu’ elle/qu’ ils utilisent (verres, briquet, …) et que 3D scrute par la suite (le collier, le briquet, …).
Au fil de la bande on ressent le malaise éprouvé par 3D… Son accès de jalousie et de colère le poussera à commettre l’ irréparable… Une vidéo sombre, minimaliste, sublimement mis en scène, qui était assez amusante à faire selon 3D ! Et détail amusant, si vous faites attention, vous pourrez remarquer que 3D boit du lait !!! Surprenant non ?!!

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Par ApOk
Supercherie ou petit jeu ayant mal tourné ? Telle est la question que l’ on se pose à la fin de ce clip. 3D revoit plusieurs fois les images d’ une soirée entre son éventuelle fiancée, G et Mushroom qui aurait viré au snuff-movie. La photo est sombre et joue avec l’ asphyxie mentale du personnage de 3D. La mise en scène joue avec les éléments et le temps (les verres, le briquet, les pixels de l’ image vidéo….). Le tout baigne donc le spectateur dans un malaise avec plusieurs éléments sans réponse (la salive, le faux-cil sur la batte,…)

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Special Cases

-  Vous trouverez ICI une l’ interview qu’ Hervé de Crecy a bien voulu nous accorder, à lire absolument ;o)

-  Date : 2003
-  Réal : Hervé de Crecy et Ludovic Houplain (H5)

Special Cases

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Nous avons trouvé cette analyse du clip tellement bien faite que nous nous abstiendrons pour ce clip de faire notre propre review : Par Matthieu Schwartz – sur http://www.subversiv.com/

« Il est le pur produit d’ années de recherche et de développement made in SAXXON(TM). Elle est le fruit du  » savoir-faire De Bourg inc. « . Leur rencontre a des allures de fusion, de concentration, de synergie productive. Ces êtres se croisent-ils par hasard ? Ou bien, depuis leurs conceptions, sont-ils destiné à mêler leurs patrimoines génétiques ? Ces questions ne restent qu’ un instant en suspend alors que les réponses, en tout petit, s’ inscrivent au bas de la première et de la dernière page du contrat d’ utilisation. Ce sont des cas spéciaux, l’ Adam et l’ Ève du futur. Et leur exploitation est soumise à conditions.

Avec Special Cases, Hervé de Crecy et Ludovic Houplain signent pour Massive Attack une oeuvre froide, lisse, sans saveur. Disent-ils. Pourtant, alors même qu’ ils se sont astreints à n’ utiliser que des images neutres, leur montage distille, presque malgré-lui, un questionnement humain. A la faveur d’ une ellipse, d’ un plan sur plan, d’ un raccord subtil, le clip concède à ces Roméo et Juliette génétiquement sélectionnés une particule élémentaire de désir, grain de sable dans les rouages de la machine. C’ est un regard timide, un baiser maladroit. En contre-jour dans le soleil couchant, un instant, deux silhouettes, ces personnages existent. »

Constitué en majorité de matériel déjà tourné (ceci à la demande de Robert  » 3D  » Del Naja, dernier membre restant du trio de Bristol) Special Cases est à rapprocher de Playa Blanca. Comme dans le clip réalisé fin 2000 par Charles Petit pour Michel Houellbecq, l’ histoire est racontée à partir de ces images en conserve, blafardes et aseptisées, qui s’ accumulent sur les étagères depuis vingt ans. Pur exercice de non-style, le collage habile des éléments hétéroclites a été discrètement uniformisé par quelques retouches (principalement l’ ajout ça et là d’ un logo d’ une des deux maisons mères).

La vidéo existe en deux versions : une  » masculine  » et une  » féminine « . Comme le yin et le yang, elles constituent une unité à rétablir mentalement. Comme des palindromes, elles peuvent être lues dans les deux sens. Au dire des réalisateurs, l’ idée de cette écriture réversible qui peut faire penser à Revolution 909 des Daft Punk (Roman Coppola, 1997), adaptation, elle-même de Genèse d’ un repas de Luc Moulet trouve principalement son inspiration dans Memento (Christophe Chauville,1884) ainsi que dans le court métrage brésilien Ilha da Flores (Jorge Fourtado, 1989). Mais cette approche cyclique de la narration semble être particulièrement personnelle au duo tant elle est une des constantes de leurs créations (Remind me de Röyksopp et Use me d’ Alex Gopher sont aussi construits en boucle).

Cette histoire d’ amour croisée racontée avec des images d’ archive apparaît donc bien la synthèse d’ une commande et d’ un traitement original des réalisateurs. En s’ appropriant l’ univers foetal de Massive Attack (Teardrop, 1998 réalisé par Walter Stern mettait déjà en scène un embryon) d’ ailleurs partagé par Sinead O’ Connor invitée sur le titre, les H5 ont sans doute réaliser leur vidéo la plus pertinente à ce jour. »

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Butterfly Caught


-  Date : 2003
-  Réal : Daniel Levi

Butterfly Caught

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Par ApOk

Une oeuvre très sombre, tout comme la chanson et son aspect froid et métallique. Une ambiance que l’ on retrouve logiquement dans ce clip avec ces néons crépitants, le décor froid, un extérieur urbain triste et 3D vêtu d’ un débardeur noir. Au fur et à mesure que la chanson progresse, le clip se fait plus noir, plus sombre. La métamorphose de 3D en papillon fait penser à une malédiction, un fardeau, le rythme du montage s’ accélère, le tout s’ assombrit. Un dernier plan assez pessimiste avec ce papillon qui meurt, comme pour nous rappeler que tout est éphémère.

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