Philippe Prohom

-  Je crois que les membres de MAA qui ont participé à la réalisation de cette web-interview y ont pris un réel plaisir ;-) et c’ est avec autant de plaisir vous allez la découvrir.

-  Philippe Prohom, qui est actuellement en tournée (dates annoncées sur le forum), a pris quelques minutes de son temps pour nous répondre et nous le remercions tous chaleureusement.

(JPEG)

Sam Je vous ai vu deux fois au Transbordeur, et c’ étaient deux excellents concerts… Mais au delà des prestations scéniques ce qui me plait plus particulièrement ce sont vos textes…

Vous êtes du genre « ça me vient n’ importe comment » et vous écrivez des ptits bouts de chansons partout ou bien au contraire « ça mûri… ça mûri… ça mûri… » et ça sort tout fini ? Bref… comment écrivez-vous ?
Philippe  : Je pratique les deux : j’ ai plein de bouts de papiers de partout que je rassemble parfois, sinon ça vient aussi d’ un coup d’ un seul (né à la place d’ un autre) mais pas tous les jours !

Girlnextdoor  : Vous définissez Prohom comme un groupe ou comme un projet personnel ?
Philippe  : Comme un projet personnel. Le talent et l’ investissement des musiciens sur scène fait que ça ressemble à un groupe et c’ est parfait comme ça, mais les choses sont claires depuis le départ : je compose, j’ écris, j’ arrange, on joue les titres comme je les entends et après on discute. J’ amène souvent des parties simplifiées (un groove pour la batterie et Yann développe à sa manière, une ligne de basse simple à développer par Damien, ou des parties de guitares approximatives et mal jouées que Manu va tâcher d’ interpréter correctement). Le fait est que je suis ouvert aux propositions et aux suggestions et que s’ il y a un titre qu’ ils ne sentent vraiment pas, on ne le joue pas sur scène (c’ est déjà arrivé). Je préfère quand même que l’ on monte sur scène pour défendre un répertoire que l’ on aime tous. Ce mode de fonctionnement nous permet de répéter très peu et donc permet à chacun de faire sa vie en dehors du projet « prohom ».

Girlnextdoor  : Vous prenez plus de plaisir à la création d’ un album ou lors de concerts ?
Philippe  : Les deux exercices sont fabuleux. Je garde une petite préférence pour les moments de composition et d’ arrangement… me retrouver seul dans mon univers et avancer petit à petit, sentir le morceau se construire peu à peu, je crois que ces moments là sont les meilleurs de ma vie, les plus sereins.

Davidcure (aka David Fargier)  : J’ ai souvent le sentiment que ta musique et en particulier tes textes pourraient servir de bande son à un film d’ Olivier Assayas, Oliver Dahan, ou un mec du genre. Est-ce quelque chose qui te ferait triper ?
Philippe  : Faire la musique d’ un film est une idée que je n’ ai jamais lâchée ; j’ ai fait une trentaine de BO pour le théâtre de 96 à 99 et c’ est un exercice que j’ adore ! Par contre si je le fais pour le cinéma, je mettrai tout dedans et je lâcherai donc Prohom pendant cette période pour m’ investir à 100% dans le projet.

Dissolved girl (aka Laurie)  : L’ intro de « Des millions de forêts » me rappelle un peu le son des Cure de jadis, est ce qu’ il peut y avoir un quelconque rapport (influences) ou bien je vois les cure partout !
Philippe  : Un pote m’ a un jour prêté une basse et je n’ avais jamais eu cet instrument dans les mains, je me suis dit que j’ allais composer un beau truc à la Cure , comme j’ aime et en assumant complètement ; c’ est devenu Millions de forêts. Ce titre est donc clairement une référence pour moi ; tu vois du Cure là où il y en a !!!!

Davidcure (aka David Fargier)  : En dehors de The Cure, quels sont les artistes qui t’ ont inspiré ? Massive Attack, par exemple ?

Philippe  : J’ ai beaucoup écouté (et j’ écoute toujours d’ ailleurs) Massive Attack. Mais mes influences sont tellement diverses que ne considère pas en avoir vraiment. J’ écoute beaucoup de musique dans le camion et je passe allègrement de Roxy Music à Marylin Manson, de AC/DC à Gloria Gaynor, de Depeche Mode à Johnny Cash, de Véronique Sanson à Doppler, de Supertramp aux Hush Puppies, de Elton John à Oasis, de Bob Marley aux Hives … enfin bref … en gros j’ écoute de tout sauf de la chanson française et du classique (Véronique Sanson c’ est quand même super rare … et Gloria Gaynor, c’ est carrément n’ importe quoi !!!) c’ est Bowie et ses albums des 90′ s (outside, earthling) qui m’ a montré la voie quand à ce que je voulais vraiment entendre sur mes textes. Je me suis aperçu que les Anglais n’ avaient pas de complexe à mélanger le rock et l’ electro et comme c’ était ce que j’ avais dans ma tête, ça m’ a décomplexé et j’ ai assumé de faire pareil. Mes premières maquettes avec cette direction artistique sont parties en maison de disque en 97 et j’ ai immédiatement eu des coups de fil positifs de labels (qui m’ ont tous dit d’ ailleurs « c’ est génial mais c’ est trop tôt pour le public Français » : c’ est pour ça que j’ ai arrêté de démarcher les labels et que je suis parti sur les routes présenter mon répertoire au public Français justement … qui s’ est avéré être immédiatement et totalement en phase avec ce que je présentais d’ ailleurs…)

Dissolved girl (aka Laurie)  : Qu’ est ce qui tourne sur ta platine actuellement ?
Philippe  : Hyperclean, queen of the stone age, sidilarsen, misstrip, josephine k, un bootleg des Cure de 2002, smooth, fabio viscogliosi …

Dissolved girl (aka Laurie)  : J’ ai lu plus d’ une fois que tu as été acteur et que tu as composé des thèmes pour des pièces de théâtre, peux-tu nous en dire un peu plus histoire de satisfaire notre curiosité ?!
Philippe  : J’ ai déjà un peu répondu sur les BO.
J’ ai commencé le théâtre pour rencontrer des filles en 93 … j’ ai arrêté en 97 quand je me suis rendu compte que j’ avais pas vraiment envie d’ assumer des premiers rôles que l’ on commençait à me proposer : lourds à porter ou à travailler ; en fait j’ ai arrêté quand j’ ai du choisir entre la musique ou la comédie …Mais j’ ai pas dit mon dernier mot !!

Figurehead  : Quels types de guitares et amplis utilises-tu pour avoir ce son assez particulier qui fait ta « ch’ tit touche ».
Philippe  : Je maquette à la maison avec un pod. Le son de guitare sur scène se travaille et se choisit à trois ; entre Manu, Lafraise (notre ingé son) et moi même. Aujourd’ hui Manu joue sur gibson sg ou fender stratocaster ; et sur fender deluxe pour l’ ampli. Les pédales d’ effets ont été introduites spécifiquement et en fonction des nécessités des chansons. On a préféré rester sur de la pédale boss standard plutôt que sur du multi-effets . Tout cela reste assez standard : phaser, délai, boost, 3 disto différentes et spécifiques (metal zone, crunch ibanez et OD boss) et octaver .

Girlnextdoor  : Vous avez été « lancés », il me semble, par le Printemps de Bourges en tant que groupe « découverte », quels sont vos favoris pour les sélections de cette année ?
Philippe  : Redbong, vibrion, smooth, daria, anais, usmar

Girlnextdoor  : Y a t’ il des dates de concerts dans des festivals cet été qui se profilent ? (genre eurocks par exemple, depuis le temps qu’ on en rêve)

Philippe  : Les gros festivals n’ aiment pas ce que l’ on fait … tant qu’ on ne sera pas bankable (comme on dit dans le cinoche) il y a peu d’ espoir de nous y voir jouer hélas…

Girlnextdoor  : Quel est votre meilleur souvenir de concert ? Et votre pire souvenir ?
Philippe  : Le meilleur (mais c’ est tout à fait personnel), ce fut pour une soirée tribute au Cure au nouveau casino à Paris. Il y avait plein de groupes qui jouaient, puis qui faisaient chacun une reprise des Cure. La soirée était bruyante et aucun groupe n’ avait vraiment captivé le public. Mes zicos n’ étaient pas là alors j’ avais travaillé deux ou trois trucs avec Nadj (une copine avec qui j’ ai fait un duo). Je me suis pointé tout seul sur scène, j’ ai expliqué qui j’ étais, que mes musiciens n’ étaient pas là puis j’ ai commencé à chanter « le miroir et moi » a capella … le public s’ est peu à peu tu et s’ est retourné vers la scène ; j’ ai fini la chanson dans un silence incroyable et j’ ai eu une des plus belles ovations que je n’ ai jamais eu sur scène … ça a été un moment fabuleux pour moi. Après on a joué « ça oublie d’ aimer » guitare / voix puis M des Cure … le public était à donf et avec nous à 100% … très proche de la magie … voilà pour le meilleur.
Pour le pire j’ hésite … le vomi sur scène dans un bar … un trou de mémoire infernal sur notre passage d’ une demi heure au printemps de bourges … faire Georges assis à cause d’ une entorse … jouer dans un bar Anglais de montagne et finalement rentrer à Lyon quand il n’ y a plus que la serveuse et nous au bout de 3 titres (véridique) … j’ en oublie … et mon coeur balance !!…

Girlnextdoor  : En première partie de quel groupe (français ou anglais) fantasmerais-tu de jouer ? Et quel groupe aimerais-tu voir passer avant toi ? (les ptis chouchous)
Philippe  : Une petite tournée avec un gros gros groupe international (cure, bowie, dm..) me brancherait bien pour faire des grosses salles … sinon j’ aimerai bien choisir nos premières parties dans chaque ville pour faire du support local mais ça n’ est pas de notre ressort sauf sur les dates que l’ on produit mais c’ est rare…

Girlnextdoor  : Qui est à l’ origine de l’ idée des miroirs (enfin les grandes vitres quoi !) en concert ? Et idem pour le passage aux tambours entre Manu et Damien ?
Philippe  : Je voulais plusieurs supports pour accrocher l’ image et la lumière en fond de scène , sortir de l’ écran que nous avions eu sur la tournée du premier album … la matière plexiglass a été choisie en réunion avec Mouss et sandy qui ont travaillé sur la création lumière …
J’ ai toujours pensé à une extension instrumentale à la fin de « prouvez le moi », j’ avais pensé à un long trip electro, ou à un truc percu, ou à une série de solo où chacun s’ exprimeraient … C’ est Yann qui a eu l’ idée de construire un truc aux toms basse, ça me plaisait qu’ il le prenne en main à 100%, c’ est lui qui a entièrement monté ce passage avec Manu et Damien et qui m’ a suggéré la prod à rajouter (sirènes et samples repères)

Girlnextdoor  : Et sinon j’ ai pas encore compris pourquoi vous dites en concert que « les gens font des gamins » est une chanson un peu spéciale ???
Philippe  : C’ est une chanson un peu spéciale de par sa position dans le set (à la toute fin et après une longue partie rentre dedans et plutôt basée sur le physique). Elle est aussi spéciale de par son message clair, virulent, donc qui ne plaît pas à tous …

Cafeopera (Manu des Moonchild)  : Les groupes ne sont pas vraiment aidés dans notre bonne ville de Lyon pour, jouer tout simplement par ici ou ailleurs. Qu’ en penses-tu ? Faut-il absolument passer par Paris pour percer ?
Philippe  : C’ est vrai que Lyon est à la traîne côté musiques actuelles mais ça va peut-être un peu changer … en tous cas des gens travaillent sur le sujet …
L’ application des lois écolo sur le bruit et les fermetures de lieux qui s’ en suivirent n’ ont pas aidés mais le phénomène est national …
Les ogres de barback ou des mecs comme thiéfaine nous ont prouvé qu’ avec une très bonne équipe motivée, on peut faire sans Paris. Plus que jamais aujourd’ hui on peut être indépendant, tout dépend du genre de musique qu’ on fait. Si c’ est de la musique très variété ou populaire, ça vaut vraiment le coup de tenter une signature en major car ils savent développer ça. Pour le reste, mieux vaut un petit label ou une structure indépendante qui met toute son énergie plutôt qu’ une major qui s’ en tape ou ne sait pas faire.

Davidcure (aka David Fargier)  : J’ espère que le livre sur The Cure t’ a plu.
Philippe  : Je suis en train de le lire et il me plaît déjà beaucoup !! Je te remercie encore pour ce cadeau !

Davidcure (aka David Fargier)  : Quand est-ce qu’ on fait un disque ensemble ?
Philippe  : Je ne sais pas ;-) … j’ attaque les maquettes du troisième cet été et je serai peut-être en recherche de texte … je ne sais vraiment pas encore où je vais exactement !

Davidcure (aka David Fargier)  : Est-ce qu’ on fera une reprise de One Hundread Years ?
Philippe  : Tous … tous … tous les deux ?!…

Davidcure (aka David Fargier)  : J’ aimerais bien rencontrer Olivia Ruiz ^^
Philippe  : Moi aussi … elle est injoignable !! .. ;-)

Girlnextdoor  : enfin UNE BLAGUE PHILIPPE STEEEEEEEEEEEEUP !!!
Philippe  : Tu veux une blague ?
Tiens prends ça !

Massive Attack utilise ses samples

Massive Attack vient de sortir un album composé de versions originales de leurs samples. Depuis le 21 mars, un nouvel album de Massive Attack intitulé « Massive Classic, Volume One », est disponible chez les disquaires. Il ne s’ agit pas d’ une nouvelle création mais simplement d’ une compilation regroupant les samples utilisés par le groupe sur deux de ses albums : « Protection » et « Blue Lines ». Décliné en deux volumes, ce premier volet dévoile les versions originales des samples. Dix titres sont au menu, avec un morceau d’ Al Green, de Lowrell, d’ Isaac Hayes ou encore de Tom Scott.